Quelques pistes pour une performance individuelle accrue en période estivale

 

La mi-été est là. Les vacances sont un récent souvenir pour quelques-uns mais elles se profilent pour d’autres, pour certains enfin elles ne seront d’actualité qu’après la rentrée scolaire de septembre. Quoi qu’il en soit, le rythme au bureau ralentit et ces longues journées d’été sont propices aux échanges avec la famille, les amis et même des inconnus (surtout si un temps exécrable oblige à rester à l’abri)… Profitons-en donc pour prendre un peu de recul sur nos comportements professionnels quotidiens.

 

Tout d’abord, vous sentez-vous au bord du gouffre à boucler tous ces dossiers avant les vacances ou au contraire perdus à « tourner au ralenti » après la frénésie des jours précédents? C’est normal et surtout sachez que vous n’êtes pas le seul dans votre cas! Une enquête menée par l’IBM Institute for Business Value fin 2015 auprès des 5,247 dirigeants d’entreprises de 21 industries dans plus de 70 pays montre en effet combien le rythme effréné au travail s’est généralisé dans les entreprises du monde entier notamment du fait de la technologie omniprésente. Rien d’étonnant alors à toujours courir après le temps… Heureusement les heures estivales, même au bureau, vous permettront de reprendre le contrôle de votre montre du simple fait que les sollicitations seront moins nombreuses sur la durée. Et quand bien même votre activité vous obligerait à un travail estival de grande intensité, vous, comme d’autres, aurez plaisir à déjeuner en terrasse ou profiter d’un moment de détente en ne sortant pas trop tard du bureau. C’est aussi cela reprendre le contrôle de son temps.

 

De la même façon, votre capacité à effectuer plusieurs tâches à la fois (vérifier vos emails, répondre aux sollicitations de vos collègues en direct, rester en veille sur l’actualité des réseaux sociaux, etc. tout en continuant de travailler sur des dossiers plus lourds) vous oblige à « commuter » rapidement. En fait, sachez que nous ne faisons vraiment pas plus d’une activité à la fois, mais nous passons de l’une à l’autre très rapidement et c’est ce « zapping » qui est épuisant. Comme le rappelle justement Olivia Goldhill, c’est cette permutation permanente qui vous vide par l’utilisation du glucose oxygéné dans le cerveau alors qu’il vous est également nécessaire pour vous concentrer sur une tâche.

« Ce changement vient avec un coût biologique qui finit par nous faire sentir fatigué beaucoup plus rapidement que si nous soutenons l’attention sur une chose », dixit Daniel Levitin, professeur de neurosciences comportementales à l’Université McGill, cité par Olivia Goldhill, op. it.

 

De cette exigence très élevée envers notre corps et notre état psychologique que nous nous imposons sans même nous en rendre compte, nous ne sortons pas indemnes. La plupart du temps, nous mangeons plus, nous consommons plus de caféine voire de cigarettes et nous mettons encore plus à l’épreuve notre organisme. Pas étonnant alors que notre humeur et la qualité de notre sommeil en prennent un coup…

Si on ajoute à cela que 57% des répondants d’une enquête mondiale menée par Deloitte déclaraient en 2014 un faible soutien apporté par leurs organisations pour aider les dirigeants à gérer les horaires difficiles et aider les employés à gérer les flux d’informations, votre impression d’être au bord de la rupture est partagée plus que vous ne le pensez.Presenteisme-au-travail-les-risques-pour-la-sante_imagePanoramique647_286

 

 

 

Pour autant tout n’est pas perdu; mieux, cette période estivale est votre allié.

 

Dans un premier temps, vous pouvez en effet apprendre à mieux gérer votre temps au travail. Selon Gloria Mark, Professeur au département informatique à l’Université de Californie, Irvine, il faut que nous ayons conscience d’une donnée factuelle essentielle: à chaque fois que nous sommes interrompus, il nous faut généralement 23 minutes et 15 secondes pour retourner à notre travail, et la plupart d’entre nous ferons deux tâches avant de retourner à notre projet initial (comme par exemple consulter notre messagerie et répondre à un email urgent mais ne nécessitant pas une réponse approfondie). Or cette commutation conduit à une accumulation de stress et une baisse de productivité, tout simplement parce que nous ne sommes pas « configurés » pour réaliser naturellement plusieurs tâches en même temps et le faire malgré tout nous coûte bien plus que nous ne le pensons.

 

Profitons par conséquent de cette période estivale et de l’absence de nos collègues pour avoir une activité moins frénétique et donc une attention plus soutenue et des auto-interruptions moins fréquentes. Par exemple, développons cette nouvelle habitude consistant à vérifier nos messageries dans des périodes mieux délimitées (le matin, le midi, en fin d’après-midi) et privilégions des temps longs sur des dossiers difficiles. Notre productivité, à défaut de notre niveau de stress, s’en trouvera améliorée et nous serons ainsi moins victimes de la loi de Metcalfe.

 

Vous pouvez également mettre à profit cette période estivale pour mieux comprendre quelle est votre manière de gérer votre stress. Nous avons tendance à l’oublier mais le stress peut également être positif. Reconnaissons toutefois que nous sommes plus sensibilisés au stress négatif car il est souvent synonyme de fatigue et de ruminations mentales qui conduisent à l’épuisement professionnel à plus long terme. Or le burnout arrive souvent quand le stress chronique auquel nous faisons souvent référence sous l’appellation de stress professionnel est installé depuis trop longtemps. Avoir la possibilité de prendre du recul sur notre manière de réagir au stress (parce que les sollicitations professionnelles diverses et variées sont moins importantes du fait des vacances estivales de nos interlocuteurs habituels) est une chance. Saisissons-la!

 

Pour aller plus loin, vous pouvez enfin vous initier à la mindfulness. Ses bienfaits sur l’anxiété, l’humeur dépressive ou plus simplement les ruminations mentales sont étudiés mais il vous faut des conditions plus tranquilles et du temps pour vous l’approprier. Cette période estivale est une occasion favorable. Ceci dit, si vous êtes encore dubitatifs, sachez que si vous êtes manager ou dirigeant, la rentrée venue vous trouverez ainsi un moyen d’améliorer vos propres performances et celles de vos collaborateurs et vous pourrez également vous attacher leurs services plus longtemps. Or garder les meilleurs éléments de votre équipe doit parfois vous préoccuper… Dans tous les cas, si vous mettez à profit cette période estivale pour vous initier à la mindfulness, sachez que vous ne perdrez pas votre temps car cela vous aidera à combattre votre stress. Sachez enfin qu’à plus long terme la mindfulness peut également contribuer à favoriser votre résilience au travail comme le souligne Rich Fernandez dans un article de l’Harvard Business Review.

bonheur-et-sante-au-travail-1024x682

 

Pour conclure, je voudrais seulement rappeler un point: toute l’année, dans la frénésie de notre quotidien, nous sommes souvent obligés d’avancer coûte que coûte et prendre le temps du recul  sur nos comportements professionnels quotidiens est pratiquement impossible. Combien de fois ai-je entendu des phrases du type « si seulement j’avais plus de temps… » quand réfléchir à ses propres pratiques managériales était suggéré pour mieux considérer la souffrance au travail des équipes et des managers eux-mêmes. La période estivale est propice à un rythme professionnel plus ralenti. Essayez donc ces pistes d’action et cette forme d’introspection que je vous ai proposées aujourd’hui en vous rappelant cette citation de Sénèque « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s