Ces mauvaises habitudes qui nous pourrissent la vie de façon insidieuse

 

Si vous consultez ponctuellement mon site d’actualités sur scoop.it, vous savez que je mets régulièrement en ligne des articles visant à nous aider à être plus performants et à avoir une meilleure qualité de vie (au travail). Pourtant je n’ai pas toujours l’occasion de remettre en perspective certaines de ces publications. Je vais donc aujourd’hui corriger cela en prenant comme fil conducteur ces mauvaises habitudes que nous avons tous et qui nous pourrissent la vie de façon insidieuse, m’appuyant en cela sur la citation de Warren Buffett: « Les chaînes de l’habitude sont trop légères à se faire sentir jusqu’à ce qu’elles soient trop lourdes pour être brisées ». Je crois en effet qu’une prise de conscience est le premier pas vers l’éradication de ces comportements inappropriés qui nuisent à notre qualité de vie, y compris au travail.

 

Le poids de nos habitudes est rarement pris en considération sauf quand nous sommes obligés de nous en rendre compte, un accident de la vie (un échec, une rupture, une maladie, un accident, etc.) nous y forçant. La citation précédente souvent attribuée à Warren Buffett – bien que sa paternité revienne a priori à Samuel Johnson (écrivain britannique du 18ème siècle) – nous permet cependant aussi de prendre conscience de la nécessaire remise en question de quelques uns de nos comportements, la réussite et le bon sens de ce milliardaire américain nous y incitant par ailleurs.

 

Rassurez-vous, je ne vais pas faire un inventaire de nos mauvaises habitudes mais en souligner seulement quelques-unes: certaines sont directement engendrées par l’utilisation des nouvelles technologies, d’autres par notre trop grande énergie intellectuelle déployée en un minimum de temps; certaines enfin par notre difficulté à fuir certaines situations nocives. Il en va de notre qualité de vie, au et hors travail.

 

Tout d’abord, avez-vous conscience de l’importance que ces outils technologiques ont dans nos vies? Nous nous les sommes tellement appropriés qu’ils sont devenus de véritables instruments de gestion. Pour autant ils débordent sur notre vie hors travail. Ainsi, selon une étude publiée ces derniers jours (réalisée fin septembre 2016 par le Cabinet Eléas sur une base de 1 010 personnes représentatives de la population active métropolitaine), 37% des actifs utilisent pratiquement chaque jour leurs outils numériques professionnels en dehors du travail. Par ailleurs, 62% des actifs (principalement les chefs d’entreprise et les cadres) réclament une régulation de l’usage des outils numériques en dehors du travail. Une prise de conscience de ce phénomène par les DRH est donc nécessaire (si ce n’est déjà le cas) et le droit à la déconnexion remet en lumière ces pratiques parfois jugées comme déviantes. Pour autant quelle est notre part de responsabilité en la matière?

A titre individuel, vous pensez peut-être ne pas être esclaves de votre smartphone, de votre tablette ou de votre ordinateur? Cependant, il est fort probable que ce soit déjà le cas. En témoignent les quelques données suivantes éloquentes. Selon les résultats de l’enquête annuelle INSV/MGEN qui ont été présentés le 18 mars 2016 en prélude à la 16ème Journée du Sommeil® (étude représentative selon la méthode des quotas réalisée en ligne par OpinionWay du 3 au 13 décembre 2015 auprès de 1013 Français âgés de 18 à 65 ans), 9 Français sur 10 s’adonnent le soir à la consultation du smartphone, de l’ordinateur et/ou de la tablette, et pour 36% cela se fait jusque dans le lit. 52% des personnes interrogées ont par ailleurs leur mobile en fonctionnement ou en veille dans leur chambre, 10% peuvent être réveillés la nuit par des messages, 92% les consultent dès réception et 79% y répondent dès réception. Enfin, 49% de  personnes interrogées qui ont un ordinateur en fonctionnement ou en veille dans leur chambre ont des troubles du sommeil (mais il faut savoir que seuls 36% de la population française ont des troubles identiques). Certes, les insomnies peuvent avoir des origines diverses mais reconnaissez que la proximité avec les technologies (notamment avec la lumière émise par les écrans) n’est pas anodine!  Ce sujet des troubles du sommeil devient donc désormais préoccupant, y compris d’un point de vue juridique.

 

travail-executif-en-peignoir_1218-382-freepik
Copyright Freepik

 

Un second type de mauvaises habitudes détériore également notre vie professionnelle et par delà notre vie personnelle: notre trop grande énergie intellectuelle déployée en un minimum de temps. A titre individuel, il nous faut en effet également garder à l’esprit que la cohabitation avec les technologies favorise des pratiques intellectuelles qui nous sont nuisibles même si nous pensons le contraire: le zapping et l’activité multitâches.

Certes, notre pratique intensive de la consultation d’internet nous a appris à développer une certaine agilité intellectuelle tant les liens hypertextes nous facilitent la découverte de contrées inconnues. C’est d’ailleurs pour cela que le digital fait désormais figure de 4ème révolution industrielle. Mais cela nécessite le développement de nouvelles compétences, à savoir schématiquement une capacité à avoir une réflexion de haute tenue prenant en considération la complexité des problèmes et des situations, une capacité au management des relations humaines renforcée et une agilité intellectuelle à toute épreuve. Davos compétences 4eme revolution.png

 

Cela suppose donc que nous nous remettions tous en question de façon individuelle et collective dans une logique de Talent Management développée par ailleurs dans nos organisations respectives. La route est encore longue mais il faut reconnaître que c’est ainsi que cette agilité technologique devient le prémisse d’une agilité managériale ouvrant la voie à trois nouvelles formes de leadership: le leader communautaire (qui induit l’apparition du leadership partagé); le leader émotionnel (ayant développé une intelligence émotionnelle très forte) et le leader spirituel (se caractérisant par des comportements d’ouverture et d’acceptation, de recul, de discernement, de conscience de soi et d’humilité, etc.). En cela, nous devons donc nous réjouir d’avoir su saisir l’importance de la 4ème révolution que suppose l’installation de l’ère du digital.

Pour autant nous devons rester lucides sur les méfaits que suppose ce zapping (quasi) permanentNotre capacité à effectuer plusieurs tâches à la fois (vérifier nos emails, répondre en direct aux appels téléphoniques et aux sollicitations de nos collègues, plonger régulièrement dans l’actualité des réseaux sociaux, etc. tout en continuant de travailler sur des dossiers plus lourds) nous oblige à « commuter » rapidement. Rappelons-nous toutefois que nous ne faisons vraiment pas plus d’une activité à la fois, mais nous passons de l’une à l’autre très rapidement et c’est ce « zapping » qui est épuisant.

 

multitache-illustration-femme_23-2147534061-freepik


Enfin notre qualité de vie au et hors travail dépend de nos mauvaises habitudes à nous accommoder de ce qui ne devrait pas nous le permettre. En clair, n’avez-vous pas remarqué que nous avons une certaine difficulté (voire une difficulté certaine) à fuir des situations nocives? 

Pour une fois, je parle bien des situations nocives et non des personnalités aux comportements toxiques car il n’est souvent pas de notre ressort de nous en séparer ni de notre champ des possibles de pouvoir les fuir en changeant de travail. Il faut alors apprendre à les repérer et à décrypter leurs comportements pour s’en préserver au maximum en attendant qu’elles partent plus loin continuer leurs méfaits.

Par contre nous pouvons nous dispenser de certaines situations nocives (que nous avons parfois même contribué à créer!) en les combattant « à la racine », de façon systématique et sans aucune complaisance: par exemple, arrêtons de vérifier notre téléphone au cours d’une conversation formelle. Comme le soulignait récemment Travis Bradberry, rien ne rebute plus vos interlocuteurs qu’un message SMS que vous envoyez ou consultez pendant une conversation. Sans même vous en rendre compte, un simple rapide coup d’œil à votre téléphone suffit à leur faire comprendre qu’ils vous ennuient ou que vous avez plus important qu’eux en tête. Bref, n’oublions pas le pouvoir de la communication non verbale! Gardons également à l’esprit que ces attitudes vont au delà de la simple distraction mais contribuent au développement de ces incivilités qui sont très courantes et nous pourrissent la vie, notamment au travail

De la même façon, nous pouvons tordre le cou à ces ruminations mentales qui nous minent le moral le plus souvent. Certes, il est vrai que ces pensées insistantes peuvent nous aider à donner du sens à des événements et à résoudre des problèmes et donc à trouver un équilibre entre la réflexion et l’action. Pour autant comme le rappelle Céline Baeyens, si ces pensées récurrentes s’appliquent à des éléments négatifs et deviennent répétitives, rappelons-nous qu’elles engendrent une spirale infernale qui se développe et nous entraîne vers le pire. Toute action se trouve par ailleurs ainsi inhibée. Dès lors, en gardant à l’esprit que 7 à 8 minutes de complaisance aux idées négatives suffisent pour que l’humeur détestable et les pensées négatives augmentent, il est de notre ressort de veiller à ne pas nous complaire dans de telles situations!

poison-1481596_960_720

 


Nous pouvons maintenant répondre à cette question que vous vous posez certainement: Que faut-il alors faire?

La première étape est une nécessaire prise de conscience (j’espère que ces quelques lignes et articles associés y auront contribué). A cela, le développement de certaines habitudes peut apporter des réponses. Par exemple, la pratique de la mindfulness peut aider à favoriser un meilleur sommeil mais également une meilleure qualité de vie et une réduction de la fatigue et des signes de dépression: c’est ce qu’indiquent explicitement les travaux de chercheurs de l’université de la Californie du Sud, à Los Angeles publiés en 2015 dans le Journal de l’Association Américaine de Médecine.

En ce qui concerne nos façons de nous comporter envers le digital, le développement d’une certaine agilité associée à l’empathie, la résilience et une attitude positive peut être une clef essentielle pour demain. Du moins c’est ce que pensent certains grands témoins du Forum de Davos. Si développer la résilience au travail est  nécessaire en cas d’épreuve, que ce soit en cas de la mise au placard ou de réorganisation structurelle, le développement de la 4ème révolution industrielle nous y incite également et pour rappel, la résilience au travail est elle-même portée par l’optimisme, tout comme le suppose une révolution industrielle… Quant à l’empathie, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une dimension essentielle de l’intelligence émotionnelle. S’occuper à développer notre agilité managériale devient donc encore plus important.

A ces pistes de solutions, Travis Bradberry rajoute quelques éléments que je reprends  volontiers à mon compte:

  • tout d’abord que notre « oui » soit un vrai « oui » et ne corresponde plus à un « non » que nous n’osons assumer. Il s’appuie sur ce point sur des recherches menées à l’Université de Californie à San Francisco qui montrent que plus notre difficulté est grande à dire non, plus nous sommes susceptibles de faire l’expérience du stress, de l’épuisement professionnel, et même de la dépression, l’ensemble de ces éléments contribuant à miner notre maîtrise de nous-mêmes.
  • De la même façon, nous sommes également invités à ne plus nous comparer aux autres. Si la compétition avec nos semblables est souvent saine, nous comparer sans cesse aux autres est germe de jalousie et le plus sûr moyen de ne plus être maître de notre propre bonheur. Mieux vaut en effet fonder notre estime de nous-mêmes sur la base de nos propres performances avec une exigence de faire toujours de notre mieux.
  • Cela pose alors la question de l’honnêteté et de l’intégrité au travail: bien que parfois sources de douleurs, ces valeurs permettent en effet de travailler sur le long terme en favorisant notamment les relations professionnelles authentiques. D’ailleurs Warren Buffett ne nous avertit-il pas quand il affirme« Quand vous cherchez des gens à recruter, vous devez rechercher trois qualités : l’intégrité, l’intelligence et l’énergie. Et s’ils ne possèdent pas la première, les deux autres vous tueront. »

 

 

Pour conclure, bien d’autres mauvaises habitudes pourraient également être remises en question mais commencer par quelques points de vigilance me semblait plus réaliste tant la lutte peut être parfois plus difficile que prévue. Je vous invite cependant à partager vos témoignages et vos solutions, cela participera ainsi à notre prise de conscience collective et individuelle. Par avance merci.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s