Comportements toxiques et vertueux des réseaux sociaux

 

Voilà deux ans que je me suis activement investie sur les réseaux sociaux professionnels, au premier rang desquels LinkedIn : je mets en ligne quotidiennement des articles transmis par curation (via un site scoop.it) et je publie régulièrement des billets sur LinkedIn à partir d’articles originaux issus de mon blog WordPress. A côté de cela je publie sur Twitter et d’autres blogs professionnels et j’utilise aussi plus périodiquement d’autres réseaux sociaux sur leurs dimensions professionnelles (par exemple Google+ et Pinterest). J’apprécie également l’utilité des outils d’analyse comme Tweepsmap, Commun.it, etc. Enfin si je ne succombe pas encore au charme de Facebook, j’utilise régulièrement son application Whatsapp. Bref, si je ne suis pas une spécialiste des réseaux sociaux, je me défends quand même en matière de community management et de e-personal branding. Cela ne me dispense pas toutefois d’un regard critique sur ces pratiques comme je le fais pour tout ce qui a trait au management des ressources humaines.  J’ai ainsi tenté cet été l’expérience de la déconnexion pendant trois semaines et c’est son analyse que je souhaite partager au travers d’une double grille de lecture : sa dimension individuelle et collective ; ses comportements vertueux et toxiques constatés. L’honnêteté m’oblige à reconnaître que je ne m’attendais pas à certains de ces aspects, notamment le plagiat électronique facilité dont j’ai été victime mais également sauvée par le collectif, d’où l’objet de ce billet.

 

Au moment de l’émergence des réseaux sociaux en ligne (mi années 2000), j’étais très dubitative, certainement comme beaucoup d’entre vous, mais en tant qu’experte en management des ressources humaines, je gardais un œil sur cette nouveauté qui commençait à modifier le recrutement. Ce sont toutefois les nécessités professionnelles qui m’ont incitée à créer un profil Viadéo fin des années 2000 (je remercie d’ailleurs mes étudiants de l’époque très friands de ces nouveautés d’en avoir été le principal moteur). Force était cependant de constater la méfiance généralisée au début des années 2010 : à titre individuel, ce n’était que le minimum d’informations que je laissais accessible et mon profil Viadéo vivotait de lui-même mais les comportements collectifs semblaient identiques (je constatais en effet que mes contacts professionnels avérés ou potentiels partageaient eux aussi cette prudence dans la mise en ligne d’informations personnelles). C’est une évolution de mon projet professionnel fin 2014 qui m’a poussée à reconsidérer mon positionnement sur les réseaux sociaux, d’où un fort investissement en 2015 après quelques mois d’autoformations. De l’ombre je suis passée à la lumière (ce qui m’a demandé un effort, reconnaissons-le) mais après deux ans de pratiques quotidiennes, je voulais prendre un peu de recul sur ma propre manière de me comporter face aux réseaux sociaux, la prise en considération des comportements des différentes communautés des réseaux sociaux sur lesquels j’évolue n’intervenant qu’en un deuxième temps. Après trois semaines de déconnexion, je vous livre mes constats, dont certains m’ont étonnée.

reseaux sociaux

 

Mon expertise en management des ressources humaines et prévention de la santé au travail et ma propre pratique me permettent d’avoir conscience de la facilité qu’il y a à être hyper-connecté(e), week-ends et vacances compris. D’ailleurs, en 2016 un sondage réalisé par l’IFOP pour Securex alertait déjà sur cette tendance très partagée par les cadres français : « 77% des cadres consultent leurs communications professionnelles telles que leurs emails, sms ou appels pendant leur temps de loisirs, c’est-à-dire pendant les week-ends et les vacances ». Pourtant comme 60% des 1001 cadres interrogés dans cette enquête de 2016, je considérais que ces nouvelles technologies contribuaient à améliorer ma qualité de vie au travail, notamment parce qu’elles me permettaient de m’assurer qu’il n’y avait pas de problèmes en mon absence (80% des réponses). La seconde édition de cette enquête parue en juillet 2017 révèle toutefois notamment certaines tendances que je souhaite souligner :

  • l’intensité des consultations est en forte progression (+ 6 points en un an), soit désormais 37% des personnes interrogées qui consultent « souvent » leurs moyens de communication professionnelle pendant les temps de vie personnelle contre 41% des 1002 cadres interrogés qui consultent seulement « de temps en temps » (soit – 5 points en un an).
  • Tous les cadres ne sont pas concernés de la même manière: « Les professions libérales les consultent davantage (89%) que les cadres de la fonction publique (80%), eux-mêmes les consultant plus que les cadres d’entreprise (76%). Ce type de consultation croit avec les responsabilités d’encadrement pour culminer à 90% chez les cadres encadrant plus de 10 personnes (contre 70% chez ceux n’exerçant pas de responsabilités d’encadrement). Enfin, cette consultation en dehors des périodes de travail s’élève à 86% chez les cadres du secteur « Commerce et Transport ». ». Etude IFOP 2017 (op.cit.)
  • Toutefois, la possibilité d’un accès permanent et simplifié aux outils de communication professionnelle est désormais vécue de manière anxiogène: 51% des cadres interrogés pour l’édition 2017 considèrent que c’est une source de stress (+ 3 points par rapport à 2016).

 

De la même façon, un sondage de juin 2016 réalisé par BVA pour Orange et Psychologies mettait en lumière les effets négatifs que les smartphones et leurs applications de réseaux sociaux facilement consultables pouvaient avoir sur chacun d’entre nous, moi y compris : troubles de l’attention et de la concentration, dépendance, etc. Pour approfondir ces effets négatifs (troubles alimentaires, du sommeil et de l’humeur, etc.) mais également comprendre les raisons de tels comportements, je vous suggère la lecture de ces articles de Top Santé du 12/09/2016 ou du Monde du 09/01/2017.

 

En synthèse, les réseaux sociaux participent à la qualité de vie au travail mais ils engendrent également des comportements toxiques si l’on n’y prend garde. Je n’échappe pas à la règle. Force est en effet de constater qu’il m’a été très difficile de ne pas consulter mes applications de réseaux sociaux professionnels sur mon smartphone ou ma tablette pendant ces trois semaines de déconnexion dès que j’avais un moment de libre ou aux moments de relative tranquillité mais quel bien fou cela fait-il !

 

pc lunettes

 

L’honnêteté m’oblige cependant à reconnaître que la consultation ponctuelle de ma messagerie professionnelle était la seule exception que je m’autorisais très parcimonieusement. Cela m’a permis de découvrir d’une autre façon les communautés des réseaux sociaux : notamment certains de leurs comportements vertueux et d’autres plus toxiques, dont beaucoup n’ont même pas conscience si je m’en réfère aux commentaires des internautes et c’est sur cela que je veux maintenant porter notre attention.

Je m’explique. Autour du 19-20 août 2017, j’ai reçu des alertes de la communauté LinkedIn m’informant que l’un des billets que j’avais publié sur LinkedIn sur les comportements toxiques des managers en 2016 était repris de façon intégrale par un autre membre influent de LinkedIn sur le blog de LinkedIn avec un titre légèrement modifié : étais-je au courant ? avais-je donné mon accord ? Bien sûr que non ! (Ces lanceurs d’alerte préférant rester anonymes, je respecte leurs volontés mais je les en remercie une nouvelle fois).

Une étude de l’article dénoncé et des centaines de commentaires associés à ce plagiat manifeste (je reconnais donc m’être connectée sur LinkedIn à cette occasion malgré mes bonnes résolutions !) était fort instructive :

  • Il n’y avait en effet aucun respect de ma propriété intellectuelle, autrement dit pas de guillemets, ni de lien hypertexte vers l’article original ou même un renvoi sur mon profil LinkedIn. Seuls mes nom et prénom étaient indiqués en « source » mais inutile de dire que j’ai plusieurs homonymes dans le Monde. Bref il était impossible de retrouver la source originale et le véritable auteur. De la même façon, la propriété intellectuelle de tous les auteurs que j’avais mobilisés n’était pas respectée puisque tous les liens hypertextes que j’avais pris la peine de mettre pour renvoyer à leurs œuvres originales (des publications disponibles sur le web) étaient enlevés dans la version de l’article dénoncé.
  • En outre, mon article était utilisé pour faire de la promotion commerciale puis de la qualification prospects qui ne me concernaient pas (dénaturant ainsi ce que préconise l’inbound marketing)
  • La communauté LinkedIn s’est très fortement mobilisée provoquant même un véritable « buzz » mais elle était très partagée : beaucoup dénonçaient le plagiat après avoir vérifié par eux-mêmes la véracité de ma propriété intellectuelle ; d’autres considéraient que ce que je m’étais empressée de dénoncer n’avaient pas lieu d’être et qu’il fallait le prendre comme un hommage.
  • L’auteur de l’article incriminé justifiait quant à lui sa position par une pratique de curation.

Je souhaite donc faire le point sur ces notions de plagiat et de curation et au-delà les remettre en lien avec l’inbound marketing tant les pratiques qu’elles engendrent sur les réseaux sociaux professionnels (en particulier LinkedIn) peuvent entretenir et/ou révéler des comportements toxiques et/ou vertueux à laquelle nous ne sommes pas tous préparés de la même façon.

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Le plagiat ou plutôt la contrefaçon si l’on veut connaître sa nature juridique est défini dans le droit français par le Code de la Propriété Intellectuelle mais prouver la contrefaçon est plus subtile qu’il n’y parait selon le Cabinet d’Avocats Picovschi spécialisé en la matière. Cette difficulté est renforcée si l’on considère plus spécifiquement le plagiat électronique. Je ne vais donc pas rentrer dans sa définition juridique car cela ne servirait en rien les communautés des réseaux sociaux, LinkedIn en particulier. Comme Yann Bergheaud, Directeur du Pôle d’Accompagnement à la Pédagogie Numérique de l’Université Jean Moulin Lyon 3, dans son article du 24/03/2011, je préfère en effet distinguer « la contrefaçon qui constitue juridiquement toute atteinte au droit d’auteur et le plagiat qui revient à s’approprier la création intellectuelle d’autrui ».

Quoi qu’il en soit, sans refaire tout l’historique de la notion de plagiat (sa définition Wikipédia s’en charge, sa lecture est d’ailleurs intéressante), il faut garder à l’esprit que le plagiat électronique va bien au-delà de la simple copie d’une œuvre originale faite sans le dire. Est également considéré comme du plagiat (les sites des universités belges (cf. par exemple Namur), françaises (cf. Lille) ou canadiennes (cf. Laval) sont convergents et très clairs) :

  • Le fait de s’accaparer l’œuvre d’un créateur sans le citer précisément
  • S’inspirer d’un modèle que l’on omet de désigner, que ce soit de façon délibérée ou seulement par négligence
  • Utiliser une œuvre sans autorisation de l’auteur, surtout si on poursuit un but commercial
  • Exception est toutefois faite du droit à la citation, à la condition que l’auteur initial soit explicitement crédité et que la citation poursuive un but non lucratif. En clair, il ne suffit au plagiaire de citer l’auteur original pour échapper à l’accusation de contrefaçon : les guillemets et les références à l’œuvre originale sont donc nécessaires, les extraits doivent être succincts et explicités et aucune promotion commerciale de ses propres produits n’est possible. Sinon le plagiat peut être assimilé à un vol immatériel.

 

La pratique de la curation, autrement dit la mise en avant d’informations issues du web que vous faîtes à chaque fois que vous utilisez un bouton de partage à la fin d’un article de presse ou de blog (un « like », un « reblog » ou le clic sur l’un ou l’autre des symboles des réseaux sociaux sur lequel vous avez un profil), n’est pas assimilable à du plagiat car si elle vous permet de mettre en avant vos lectures et vos compétences,

  • C’est permis par l’auteur lui-même (il a lui-même inséré ces moyens de partage sur les réseaux sociaux)
  • Cela renvoie automatiquement à l’article original, à son auteur et au site web concernés
  • Cela n’inclut aucun lien commercial vers les produits que commercialise votre entreprise puisque c’est lié à votre propre profil.

 

Si vous pratiquez la curation via l’utilisation d’une plateforme de partage (telles scoop.it, storify, paper.li, etc.) qui permet la diffusion de l’information que vous souhaitez mettre en évidence sur plusieurs réseaux simultanément, sauf action contraire de votre part, vous respectez la propriété intellectuelle des auteurs originaux. En effet si vous ne modifiez en rien les liens faits automatiquement sur les articles originaux dès que vous cliquez sur le bouton de partage de votre plateforme, cela revient au même que si vous aviez sélectionné l’un après l’autre les boutons de partage positionnés après chaque article. Par contre quel gain de temps!

 

Attention toutefois à ce que votre curation de contenus ne soit pas utilisée pour vous générer des revenus publicitaires car dans ce cas, vous ne seriez plus dans l’utilisation équitable de la propriété intellectuelle (telle que définie par exemple dans le droit canadien). Autrement dit, en recherchant une logique lucrative et non plus la reconnaissance de votre expertise de veille critique de ce que produit le meilleur (voire le pire) d’Internet, vous spoliez l’auteur de la jouissance de ses droits !

De la même façon, si vous faîtes un « copier-coller » d’un article original pour le recopier sous votre nom sur votre propre blog ou sur celui de LinkedIn :

  • sans utiliser le bouton de partage qui permet la mise automatique des liens
  • sans respecter le droit de la citation de l’auteur original et des auteurs utilisés dans le texte original
  • dans un but lucratif (en clair vous faîtes votre propre promotion commerciale à la suite de l’article copié-collé)

vous n’êtes plus dans la curation mais dans le plagiat.

 

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Quoi qu’il en soit, l’auteur plagié (sans parler de votre employeur ou de votre institution) est alors victime de votre comportement toxique : Michelle Bergadaà, universitaire francophone spécialiste du plagiat (je la présente plus en avant) considère d’ailleurs que l’acte du plagiaire constitue une atteinte profonde de la personnalité du plagié. Dans une vidéo You Tube de 2015, elle affirme même qu’il s’agit d’« une mort symbolique ». Vous êtes donc un meurtrier sans même le savoir ! Mais en pratiquant le plagiat, vous devenez également votre propre bourreau.

 

En adoptant volontairement sur les réseaux sociaux de tels comportements toxiques, vous prenez en effet le risque que les communautés sur lesquelles vous publiez vous démasquent en tant que plagiaire et dans ce cas, le « bad buzz » que vous avez involontairement généré se retourne contre vous (c’est du moins ce que j’ai constaté dans le cas qui me concernait). Par effet induit, cela peut aussi se retourner contre l’organisation que vous représentez.

En outre, vous dénaturez la logique de l’inbound marketing que vous souhaitiez certainement mettre en place. Pour mémoire, le principe de base de cette récente technique de marketing consiste à attirer les clients potentiels (plutôt que les solliciter avec de la publicité intrusive) par la production de contenus de qualité et le partage sur les réseaux sociaux d’informations pertinentes. Charge à vous après de mettre en œuvre l’ensemble du processus de marketing-vente, en utilisant ce premier contact des visiteurs avec votre marque, pour les qualifier puis les transformer en clients jusqu’à ce que vous parveniez à l’achat renouvelé.

Donc  soyons clairs : si vous avez fait ce plagiat, involontaire ou non, en recopiant un contenu à forte valeur ajoutée et en mettant à la suite de votre billet (qui vous identifie automatiquement comme l’auteur original de cette nouvelle production) un lien de promotion commerciale renvoyant à vos propres produits, c’est que vous souhaitiez attirer positivement et massivement l’attention des prospects sur votre propre personne et ce que vous proposez. Ce n’était probablement pas pour être identifié comme étant un faussaire, un voleur ou tout simplement pas digne de confiance ! Par conséquent, réfléchissez longuement la prochaine fois que vous aurez la tentation du plagiat en utilisant les réseaux sociaux

 

Ceci dit, il est vrai que le plagiat électronique touche désormais tout le monde, quels que soient les âges et les professions exercées.  La notion est par exemple particulièrement sensible pour le monde universitaire, qu’il soit pratiqué du côté des étudiants ou des universitaires eux-mêmes. C’est ainsi que Michelle Bergadaà, aujourd’hui Professeur de management et communication à l’Université de Genève après avoir exercé pendant 12 ans en France (à l’ESSEC), s’est lancée dans cette bataille francophone de lutte contre le plagiat dès 2004 (plusieurs de ses vidéos sur le sujet sont disponibles via ce lien). Depuis 2016, elle préside à cet effet l’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académiques. Mais son action associée aux collègues qu’elle fédère n’est pas unique. D’autres scientifiques à l’échelle mondiale se sont également engagés sur cette voie : je renvoie par exemple le lecteur sur le collectif « Ethics and Integrity » qui agit dans différentes langues (il dispose de blogs en Français, Anglais, Arabe et Allemand).

Les Etats ne sont pas en reste dans la lutte contre le plagiat comme le rappelle Jean-Paul Haton dans son article « Intégrité scientifique : les universités françaises renforcent leur dispositif »  (cf. le site The Conversation, 10 juillet 2017). Si la France a comblé très récemment son retard avec la création de l’Office français pour l’intégrité scientifique (OFIS), « d’autres pays tels que les États-Unis, le Danemark, la Norvège, la Finlande, l’Australie, le Canada et l’Allemagne se sont doté depuis plusieurs années de structures nationales et de guides de bonne conduite scientifique [et] Le 22 avril 2015, le Luxembourg a installé sa structure nationale pour l’intégrité scientifique » (comme le rapporte le 22/03/2017 le collectif Ethique et Intégrité scientifique dans la version française de son blog).

Le plagiat existe toutefois dans d’autres secteurs d’activité, outre le monde industriel, et touche tout le monde. Je pense par exemple au monde politique. En 2011, Karl-Theodor zu Guttenberg, le Ministre de la Défense Allemand n’était-il d’ailleurs pas obligé de démissionner après que le plagiat de sa thèse de Doctorat obtenu en 2006 ne soit dénoncé ?

Mais plus proche de nous, l’univers journalistique est également touché par ce fléau. En 2012 déjà, Télérama faisait un article sur le sujet impliquant de grandes signatures françaises. En 2014, le soupçon de plagiat de la directrice de l’école de journalisme de Sciences Po faisait scandale et bien que l’accusée se défendait de toute malhonnêteté intellectuelle en plaidant des oublis involontaires qu’elle corrigeait dès qu’ils lui étaient signalés, elle était en 2015 néanmoins remerciée de Sciences Po comme l’expliquait un article du Monde le 22/01/2015 pour être embauchée à l’INA très peu de temps après (cf. article Le Point du 07/04/2015). Le cas français n’est pourtant pas isolé. Dès 2001, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) publiait l’article d’Annie Cloutier dénonçant ces pratiques. En mai 2015, le journal montréalais La Presse menait l’enquête sur un journaliste québécois très connu et recensait par la même occasion plusieurs cas de fraudes impliquant de célèbres journalistes du monde entier (certains ayant pourtant reçu le Prix Pulitzer pour leur fraude avant qu’elle ne soit dénoncée).

 

En conclusion, si des spécialistes de la publication se permettent de plagier, comment ne pas s’étonner que les réseaux sociaux n’en fassent pas de même ! Pourtant ce n’est pas parce que tout le monde le fait que c’est autorisé, éthique et/ou moral ! Et maintenant que vous êtes un peu plus informés sur la notion de plagiat, vous ne pourrez plus prétexter l’ignorance…

Ceci dit, en ce qui concerne mon expérience, je dois dire qu’une fois la colère passée et l’atteinte à ma personne que j’ai profondément ressentie un peu plus assimilée, j’ai été agréablement touchée et surprise par les réactions de la communauté LinkedIn. Non seulement mes publications sur LinkedIn ont connu un regain de publicité (des dizaines de milliers de vues supplémentaires sur l’article plagié par rapport à sa publication initiale, des centaines de demandes de mise en contact supplémentaires, etc.) mais cela a également rejailli sur ma notoriété sur d’autres réseaux sociaux et les interactions qui en ont découlé sont très intéressantes.

En outre, j’ai désormais une connaissance approfondie de LinkedIn. J’avais en effet déjà constaté à maintes reprises que LinkedIn est un réseau social professionnel qui se veut de qualité : tout comportement inapproprié ou sexiste est immédiatement sanctionné par le collectif (combien de fois ai-je lu des commentaires sanctionnant les dérives sexuelles ou  appelant à ne pas confondre LinkedIn avec Facebook !). Maintenant, j’ai aussi expérimenté qu’il s’agit d’une véritable communauté, en grande majorité bienveillante : j’ai été avertie du plagiat, des membres (y compris de 2ème ou 3ème niveau de relation) répondaient à ma place sur la question du plagiat quand je n’étais pas connectée, etc. Bref, je ne regrette pas mon fort investissement sur ce réseau social.

Enfin cette expérience de déconnexion et cette mésaventure sont très positives. J’ai approfondi ma réflexion sur les comportements toxiques et vertueux sur les réseaux sociaux et j’ai pu analyser cela d’un point de vue individuel mais aussi collectif. Je n’ai qu’un regret : n’ayant plus accès aux commentaires des uns ou des autres rédigés à la suite de l’article dénoncé (car il a été supprimé peu de temps après sa mise en ligne), je ne peux pas répondre aux questions de fond sur le plagiat ou sur les comportements toxiques dénoncés en entreprise que suscitait la contrefaçon de mon article plagié. Que la communauté LinkedIn veuille donc bien m’excuser que je ne lui réponde pas si ses commentaires ont été effacés indépendamment de ma volonté (mais vous pouvez me joindre à nouveau par un commentaire à la suite de l’un de mes billets). Quant aux centaines de demandes de mises en relation que j’ai reçues pendant ces trois semaines de déconnexion ou le millier de commentaires rédigés ici ou là pendant cette même période, soyez patients, je vous répondrai aussi vite que possible. Dans tous les cas (aujourd’hui plus encore), recevez chers lecteurs l’expression de ma sincère gratitude pour l’intérêt que vous portez à ma production intellectuelle, y compris au travers de ce billet (plus long que d’habitude qui plus est !).

4 commentaires sur “Comportements toxiques et vertueux des réseaux sociaux

  1. Je vous rejoins aussi, malheureusement le plagiat et le vol d’idées à pris de l’ampleur à tous les niveaux. La notion de partage n’est plus et m’attriste. Ne pas citer l’ auteur c’est dénaturer un article et perdre l’ancrage des références donnant le sens à son élaboration.
    Merci pour votre esprit entrepreneurial, innovateur et humaniste.

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